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Dimanche 6 juillet 2008
par Di Folco publié dans : Le goût du goût communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Mardi 1 juillet 2008


Etat des lieux. Généreux. Opera mundi. Ciao tutti.

par Di Folco publié dans : Mes apparitions communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Samedi 14 juin 2008

Dino, Pépé, Papa, Pierre et moi

Tu dis souvent que tu détestes le foot mais tu sais bien que ce n’est vrai seulement qu’en partie : la raison est simple, tu étais toujours le goal, ta grande taille, ton mètre quatre-vingt dix à partir de dix-sept ans expliquait cette position que toi tu prenais pour de l’ostracisme. Eh puis les ballons dans les couilles par moins dix sur le stade de Créteil, la vache ! –  mais tu sautais bien, ta détente devint légendaire entre 1980 et 1983. Tous tes amis du lycée Saint-Exupéry se surnommèrent « Dino Folco ». Chevrier, le roi du foot, t’avait dit : « Bouge moi un peu ce grand corps ! » Et tu t’es exécuté. Si tu excellais au basket et au volley, tu jouais au foot comme gardien et comme les autres et parfois ça valait mieux que de courir comme un con après une balle. Tu fus accepté, tu fus heureux.

 

Mais il y a d’autres rapports absolus avec mon Dino, mon Zoff, ce nom qui sonne comme un nom de cigare. Les coïncidences abondent. Les voix de ton grand-père, de ton père et de ton cousin Pierre (ton préféré), raisonnent encore dans ta tête. Proust a raison : le passé est indestructible.

 

D’abord, Dino est né en 1942 comme ton père mais dans le Friule (comme Pasolini que tu adores), et il a eu cette petite enfance occupée par la présence des Allemands comme ton grand-père Marco et ton père qui sont nés eux dans le Frosinone au sud de Rome. On se remet de Benito et d’Adolf en 1945, Dino reste en Italie, pépé Marco arrive à Choisy-le-Roi pour bosser dans la cristallerie et la faïencerie. Sa région de naissance a été totalement détruite : le front de Monte-Cassino…

 

Marco est un bel homme, il est grand, ton père aussi. Mais Dino a eu des problèmes avec sa taille : petit et rablé, alors que toi, longiligne, mais ensuite Dino a grandi d’un coup : 1 mètre 82 à dix-huit ans, voilà qu’on le prend au sérieux, on le reconsidère et en 1961 il commence à Udinese en série A. Ton père jouait lui sur le terrain vague entre le chantier de l’aéroport d’Orly et le HLM de Choisy le Roi où tous les ritals s’étaient installés, une sorte de mini-Italie entre la Seine et la Marne, les Gondoles, la petite mafia, les « macaronis », etc. Ils regardaient la télé dans la cour, ça buvait du pastis, ça gueulait dans tous les patois. Tu sais que ton père courait les filles mais qu’il ne ratait aucun match. Le Mundial 1966 c’est plus sérieux, toi tu as deux ans, mais la famillia est super déçue : la Squadra Azzurra de Mantoue a des joueurs sélectionnés en nationale or c’est l’Angleterre qui gagne la coupe. Perfide Albion, misère de misère, il miracolo italiano n’a pas eu lieu ! Le pastis coule à flot. Les avions d’Orly font que le niveau sonore des télés augmente. Dino n’existe pas encore : Marco le pépé disait à ton père, « c’est le meilleur, la honte de ce pays est de l’avoir oublié, regarde, regarde, on a perdu à cause de ça, madona mia ! ».

 

Alors, le frioulin Dino, le quasi-autrichien, va disputer son quatrième match chez les « arabes » : il arrive à Naples, juste avant mai 1968. Paris est en rut, la banlieue reste chez elle à mater la coupe d’Europe. Marco et papa assistent à la finale : Italie-Yougoslavie. Les Soviets avaient été éliminés, Marco est communiste mais il est avant tout Italien, tu comprends ? Et là, Dino saute, se déhanche, bondit, le grand brun arrête tous les ballons des fils de Tito. Tu sais que Dino ressemble un peu à ton père, là sur la photo, non ? En 1970, tu as 6 ans, tu te souviens de Mexico. Marco hurlait dans la cuisine en préparant les gnocchis : « Dino n’a pas été sélectionné ! Comme en 1966, la malédiction, la merda, la merda  » en pétrissant la pâte comme des seins. Le Brésil mettra 4 buts dans le cul de l’Italie en finale.

 

Tu te souviens que Marco et papa travaillaient dans des usines. En 1972, Dino arrive à la Juve. Fiat finance l’équipe, Naples c’est bien mais c’est pauvre non ? Et la Juve ne cessera de gagner. Les albums Panini : tu es dans la cour de l’école des Guiblets à Créteil et tu colles les vignettes de la Juve. Pierre le cousin joue au foot et te montre son maillot de la Juve. Tu es admiratif. Sans Dino, pas de coupe d’Europe en 1977, c’est évident, au collège on commence à se foutre sur la gueule avec ça.  Mais Pierre, le cousin il décide de devenir footballeur professionnel le jour de la finale du Mundial 1982, ce jour-là, tu pleurais de joie pour l’Italia la Grande, ce jour-là, tu as trahi ton pays, la France, pour la plus belle équipe du monde. Tu te souviens de Platini, Baratelli, des ritals français adoptés par Manufrance mais Dino, tu es désolé, Dino c’est lui qui est en poster dans ta chambre. Il a 41 ans. Il va arrêter. Ton père change de métier. Marco est licencié, il va travailler chez Ricard. A l’époque on ne jetait pas les vieux si facilement. Tu sais aujourd’hui qu’on est vieux après 33 ans comme dans l’Âge de Cristal, comme dans Dante. Quelle comédie que les années 1980 ! Manufrance a disparu.

 

Dino devient alors l’entraîneur de la Juve et ça marche pas vraiment sauf en 1990 : coupe d’Europe (tu as suivi le match au café de la fac de Créteil) puis Dino par à Rome : il préside le Lazio. Marco quitte Ricard et part en retraite, il veut revoir le Frosinone. Il s’ennuie. Papa tu le sais s’ennuie aussi. Ils vont tous revoir Arpino, le Lazio, la ciociaria, ton cousin Pierre est parti aussi avec eux, mais toi tu es resté à Paris, tu veux bosser. Pierre revient, te raconte les matchs, les filles, il t’envoie des cartes postales pour te dire qu’Orléans le prend en junior. Tu es fier de lui. Mais le fric envahi les consciences. Maradona arrive à Naples. Le foot français se porte bien on dirait. Pierre monte dans l’équipe d’Orléans. 1998 tu es en larmes. Tu ne sais pas pourquoi. Dino n’est plus là. Il est revenu à Mantoue. L’Italie perd. Berlusconi vire Dino en 2000 qui revient à Rome, puis âgé de 63 ans, comme ton papa, il arrive à la Fiorentina, l’année même où toi, ta femme et ta fille visitiez la ville des Medici, la ville idéale et rêvée de la Renaissance. Ton père enterre son père. Il est beau ton père, il vieillit bien. Il a encore ses cheveux noirs comme Dino. Toi tu es chauvescent mais tu te dis que papa et Dino et Marco et Pierre sont là, dans les interstices de ta mémoire. Tu as 41 ans. Tu ne détestes pas le foot mais le fric qui tue le foot. Tu aimes l’Italie avant tout : de 7 à 77 ans, ils disent tous là bas que Dino est le plus grand. Berlusconi est un couillon. Dino est le plus grand.

par Di Folco publié dans : Quelques inédits communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Samedi 31 mai 2008

Alors ? ça daube en ville ? Odeurs urbaines saturées, confinées (pieds, aisselles, soufre) à peine recouvertes de sprays sucrés… où est la sortie ? Persistantes, ces pollutions olfactives contredisent la récente attitude à désexuer des comportements ancrés (« le gars sent le bouc, la fille sent la rose ») et oser aujourd’hui mélanger, transgresser et… inventer. Ça passe ou ça casse. Identification de 7 clichés senteurs un peu flous, comme le désir, l’air de rien, pour ne mouiller personne.

 

Les corponaturalistes

Le membre (naturel ?) de cette secte du corps brut prend une douche par semaine, afin de préserver, à tort ou à raison, la flore qui grouille sur son corps. Pas d’autoagression chimique. Pas de talc ou de spray sur les pieds, le sectateur ira, en tong, marcher à tous vents. Évitera l’oignon et les graisses saturées mais pas les piments. Sursocialisé ? Le sport, la bonne suée, la solitude ? Ses collègues ou amis n’osent lui faire de réflexion. A Noël ou à son anniversaire, on lui offre un stick toscan, mais peine perdue ! Il aime se sentir à découvert – presque nu…

 

Les aseptiques

L’exact opposé du précédent. La peau sera récurée matin et soir. L’épilation des aisselles, du maillot voir intégrale et au laser, constitue un objectif moyen terme (on épargne pour ça). Rien ne doit briller, suinter, rémaner. Onguents PH neutre, crèmes légèrement citronnées ou mentholées passent à la rigueur, sur sa peau devenue presque opalescente. Ça c’est avant les UV ou la plage. Là, il lui faut des protections solaires non parfumées. Un comble en parapharmacie. Écolo ? Pas du tout : ça chasse le squame, le sébum, le sauvage. Redoute que sa chair s’exprime outre mesure. Mais à l’intérieur, ça bouillonne. Humain, malgré tout…

 

Les immodérés

Douche ou pas, on badigeonne, recouvre, asperge, vidange les flacons ici et là (aye ! les muqueuses) mais surtout sur la tête, avant le gel. Un côté sucre glacé, barbe à papa, Foire du trône et fiesta barbecue sur sable permanent. On se la donne, l’ambiance, et on la propage : métro, bus, file d’attente en club, chez Gap ou aux Champs. Énergie des effluves. Je gènes ? Pourquoi tu fais le ventilo avec ta main ? Toi aussi tu sens ça ? C’est un truc de pédé non ? Tu rigoles : gris c’est mec, la meufe le noir. C’est cher… On se la raconte : peu importe le jus, pourvu qu’il ait vidé le flacon branding sur sa tête.

 

Les conformistes

Il y a d’abord les héritiers, ceux qui font comme leurs parents qui faisaient comme... Se repasse l’eau de cologne depuis trois générations. Il y a les copieurs : imiter la collègue, la bonne copine, le patron, et aussi, paradoxalement, l’ennemi, l’étranger. Je mets sur moi ce que ta peau sécrète afin de te voler tes secrets. Pas si sûr. Il y a ceux qui se sentent les pieds le soir au coin du feu. Ça rassure, les rituels. Confort des charentaises. Couches d’odeurs de soi accumulées. Nidification. Odeur de l’oreiller. C’est bien mon coin à moi. Un animal ? Un bon toutou ?

 

Les mondialistes

Ils mélangent les genres, unisexe, one + one, Italie et USA, caoutchouc et fraise tagada. Ils suivent la vibe. Le groupe dans l’arène du dancefloor. Ils veulent sentir ce que la grappe, ce que Colette, ce que le magazine tiré à 3 millions d’exemplaires ordonnent. Ils veulent sentir Madonna, Air et… Tarantino. Sauf que les peoples, on les paye, très chers, pour balancer une marque, ici et là. Mauvais plan ! Alors, Miami ou Ibiza ? C’est selon. Dans tous les cas, ça pue mais on s’en fiche : c’est style d’être tous pareils. Dommage que le realityshow ne soit pas en odorama. Tu veux sentir le punk à chien, toi ?

 

Les olfatochics

Connait les bons plans, compare, analyse. Possède du nez, voire un nez. Le sait et le fait savoir. Se parfumer c’est tout un process. On est conceptuel. Artisan parfumeur ou rien. Annick G. sinon je meurs. Bobo ? C’est presque agaçant. Il rivalise avec la conseillère en fragrances de chez Guerlain, agitant sous son nez les mouillettes en papier buvard. Ça chochotte, ça chuchote. « Marianaud ? Sephora ? C’est plouc ! Non, nous c’est Duty Free Dubaï. Bon, d’accord, c’est un peu loin… alors on se contentera de la petite boutique du Marais »… dont on refile l’adresse (le jus qui donne des boutons) aux amis puants du samedi soir venus mâter M6.

 

Les aristo

On ne peut les suivre à la trace. Ils ne mettent jamais plus d’une goutte. Une évanescence. Un soupçon. La discrétion. Surtout ne pas se faire remarquer ou alors au moment opportun. N’ont rien à prouver. Sinon garder leurs rangs. Un statut. Une posture. L’élégance parisienne. New York ? Oui, mais c’est mieux Florence, la petite boutique derrière la piazza, vous savez, les parfums sur commande… A ce niveau-là, on se fait faire sur mesure son jus. Avec conseiller attitré. Pas question de sentir comme les autres. Unicité, harmonie, perfection. Les autres sont des suiveurs. Quels autres ?

                                                                                Publié dans DeDiCate n°14, oct. 2007

par Di Folco publié dans : Le goût du goût communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Vendredi 30 mai 2008

Edité en jaune et rouge chez Buchet-Chastel et sous-titré "pour Aimé Césaire", le dernier livre de Claude Ribbe, auteur remarqué en 2005 pour Le Crime de Napoléon (Editions Privé), porte en lui le feu d'une analyse rédigée non pas dans l'urgence (ce qui est pourtant  le cas), mais parce qu'il est toujours nécessaire de rappeler aux personnes qui daignent encore lire des livres, le peu de considérations offerts au poètes, surtout si leurs peaux sombre, leur langue bien pendue, leur ténacité irréductible, les maintient dans le camp des "irrécupérables". 

On raconte que Césaire, dans les années 1930, se trouvait place d'Italie à Paris, quand un homme au volant de sa voiture lui aurait lancé : "Eh, p'tit nègre... !" Et Césaire de lui rétorquer : "Le nègre vous emmerde !". Peut-être que ce "vous" fait la marque des grands. Comme on dira d'un artiste : il a la classe. L'attitude. Juste l'attitude.

Or, il se trouve que les agents républicains de tous bords semblent là rater une belle occasion : celle de panthéoniser Aimé Césaire, j'ajouterais : "pour de vraies raisons et avec les formes" . Ribbe en offre une manifeste, et, disons-le, une magnifique démonstration. Il rappelle le parcours de ce martiniquais avant tout français, maire de Fort de France puis député (avant d'être auteur) dès 1946, mais aussi longtemps membre du PC, qu'il fut préfacé par André Breton, etc., etc., mais surtout l'auteur d'un livre qui maintient en éveil la mauvaise conscience de l'esprit colon qui sommeille encore en beaucoup de nos concitoyens : Discours sur le colonialisme (1950).  Ce texte est étudié dans les collèges aujourd'hui. J'ai vérifié. La censure rappelée par Ribbe n'a finalement pas été pérenne.

Qu'Olivier Py ait rendu possible à l'Odéon le seul hommage intéressant  (qui vit jouer La Tragédie du Roi Christophe écrite en 1963) n'étonnera guère les partisans d'un théâtre français joué par des français pour des français : l'entrée de Césaire à la Comédie française est récente, celle de Marie N'Diaye fait encore jaser les cons de tous bords, comme l'idée d'intituler "Continents noirs", une collection chez Gallimard ouvertes aux plumes francophones issues des anciennes colonies afro-antillaises : "Mais quelle drôle d'idée quand même", ricanait lors du dernier salon du livre de Paris un type que je croyais plus intelligent et qui voyait depuis dix ans tous les jours dans les bureaux de Nova ses potes "blacks" galérés comme des malades à la recherche d'un éditeur qui propose autre chose que du compte d'auteur. Les détracteurs, les fâcheux, mais aussi certains intéressés (les négrophiles ?) préfèreraient le silence, comme pour mieux ajouter au mépris. A cette logique de mort (de la mémoire), il faut répondre par le bruit. Claude Ribbe n'est pas du genre à se taire. On se souvient de ses prises de paroles (quand on tente de réduire son essai Le Crime de Napoléon  à un "Napoléon = Hitler"), il y revient d'ailleurs
sur son site, territoire de liberté de paroles et de "mots mis en face des choses"  : là encore, je ne connais pas beaucoup d'intellectuels abordant toutes ces questions avec autant de justesse dans l'argumentation (il en est un dont je n'écrirai pas le nom [Ribbe en a le courage, lui] qui s'associant à quelque comique autrefois aimé de nous, ferait mieux de réfléchir avant de parler).

Cette justesse, cet art du lien, de la citation, bref, de la rhétorique, fait toute la force et la différence dans Le Nègre vous emmerde. Il est bon d'y lire comment les Villepin, Bayrou, Royal et autres politicards borgnes, tentèrent ces dernières années de récupérer les votes martiniquais (et antillo-guyanais) en cherchant la bénédiction de Césaire. On ne s'étonnera guère des manœuvres mais plus de l'attitude de Césaire : il tiendra la dragée haute face à De Gaulle en 1964, face à Giscard ensuite, et finalement, ce n'est PAS parce que Mitterrand tient quelque peu ses promesses en matière d'autonomie et de reconnaissance des "DOM", que le Césaire politique devient le parangon du Socialisme. Quant à Sarko : il déboute le ministre pour accueillir ensuite le candidat aux présidentiels.  Liberté grande.

Page 70-71, je vous recommande un vibrant passage sur le "dénominateur commun" et la solidarité de la souffrance. Si l'on ne croit pas à ça, c'est à vous désespérer de la race humaine. Ah ! le mot "race" : Ribbe lui fait un sort, bon c'est pas nouveau, mais ça fait là aussi du bien de lire "dans le bon sens", des choses qui nous semblaient acquises, voire élémentaires. En vérité, les faits, l'actualité, démontrent tous les jours notre incapacité linguistique à faire notre révolution [en ce qui me concerne, cette révolution-là commencée au lycée n'a jamais cessé d'advenir...]

On apprend aussi ce qu'a été le Buridom (Bureau pour la migration intéressant les département d'outre-mer). Je ne savais pas. Mais j'avais quelque doute. Là encore, De Gaulle, comme Napo, en prend pour son grade de général.

Enfin on revient sur le Panthéon, ce monument laïque dont rien que la croix dominante signifie la sombre hypocrisie. J'ai longtemps été partisan d'un Diderot au Panthéon : mais le côté "girouette" du confondateur de l'Encyclopédie ne plait pas aux panthéonisateurs. Césaire serait-il "rangé" dans le secteur "inclassable" et de fait, non admissible sous la coupole Soufflot ? Après la mise en bière sur son sol natal, la mise en boîte par les récupérateurs, pour terminer avec une mise au tombeau symbolique, un "cénotaphe" : c'est entre autre ce que dit Ribbe.

Je n'ai qu'un seul regret : les deux dernières petites phrase, au dos du livre, de ce que l'on appelle l'argumentaire destiné au lecteur pressé  : "A partir de là, Claude Ribbe interpelle les Français. Sont-ils enfin capables de regarder en face la réalité de leur racisme ? "

Ce livre vaut bien mieux qu'une tentative de culpabiliser "les Français" sur ce qu'ils auraient en propre : une forme inhérente de racisme. Oublions le marketing, les généralités maladroites de dos de couverture, et lisons cet essai : le 5 juin dans toutes les librairies (enfin, on l'espère).

par Di Folco publié dans : Rapports de lectures communauté : Littérature
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